Breves de Guadeloupe

Aventures et photos aux Antilles

mardi 12 février 2008

L'oiseau de nuit

Une légende antillaise, au hasard des promenades sur le net...

 

Aux Antilles, il existe « des gens gagés », des « zombis », des « volants », des « souclians ».

       Les « gens gagés » sont ceux qui ont fait un pacte avec le Diable, qui se transforment en cheval à trois pattes, en bœuf, en cochon, qui vous barrent la route dans des cercueils debout, ou qui volent  la nuit  sur un bâton.

 

Les « zombis » sont des morts qui reviennent parfois sous l’apparence d’êtres vivants et qui jouent des tours que l’on ne peut arriver à expliquer.

 

  Les « volants » sont ceux qui se transforment en oiseaux et les « souclians »  en oiseaux phosphorescents. Et voici le conte, qui, m’assure-t-on, est arrivé.

 

 

  Cela se passait dans des temps très anciens…

      C’est l’histoire d’une petite fille  qui habitait  avec sa marraine. Aux Antilles, dans les familles nombreuses, il y a beaucoup d’enfants. Et souvent, les marraines adoptent leurs filleules.

Tous les soirs, la marraine la couchait  et doucement se levait, car elles partageaient le même lit.

  La marraine  se levait lorsqu’elle croyait sa filleule endormie, prenait une fiole, se frottait le corps du liquide qui y était contenu, disait des paroles magiques et prenait son envol.

  Une nuit que la petite fille ne dormait pas, elle vit sa marraine se lever, se déshabiller, se frotter le corps.  Mais elle n’entendit pas les paroles magiques et ne vit pas non plus que la marraine avait retiré sa peau  comme on relève une robe, et l’avait accrochée à un clou arrière la porte.

Sans doute, cela aurait-il effrayé la petite fille. Elle vit seulement sa marraine s’envoler, toute noire, comme un grand oiseau : « bap ! bap ! bap ! » et elle eut tout de suite un désir : faire comme elle.

  Elle se leva à son tour, se frotta également. Ne dit pas les paroles magiques.

  Sa peau ne tomba pas, mais des plumes s’y collèrent. Elle devint « an bel ti z’oiseau » et s’envola  par la fenêtre.

Elle volait silencieusement, pas comme sa marraine puisqu’elle n’avait pas prononcé les paroles magiques et les gens « gagés » ne la reconnaissaient pas comme une des leurs.  

  Elle vola, vola. Elle passa sur les maisons. Par les persiennes entrouvertes, elle vit ses petites compagnes. Ses petites compagnes dormaient, leur ange gardien à leur côté. Elle vit les animaux. Ils  étaient endormis, excepté les « cabritt » bois, les cops, les chiens, les moustiques, les bêtes à feu et les chauves-souris.

  Dans  une case, un bouc noir sans corne veillait…

  Les arbres dormaient, surtout  les « marie honte » (sensitives), les tamariniers et les cassia-lata. Ils avaient fermé leurs  feuilles. Et la mer aussi dormait.

  La petite fille volait. Elle volait tellement que, n’en ayant pas l’habitude, elle se sentit subitement  très lasse.

  Elle  se posa sur une pierre de la rivière.

  On la prenait pour un vrai oiseau.

  « Jou ka ouvé » (le jour paraît).

  Elle veut rentrer chez elle. Elle se remit à voler. 

 

  Pendant ce temps, la marraine est déjà revenue.

Elle a décroché sa peau qu’aucun mauvais plaisant n’a retournée à l’envers ou pimentée à l’intérieur.  Elle s’est remise au lit. Point de filleule. Elle l’appelle :

  « Apolline, oh ! Apolline oh ! »

  Personne ne répond.

  Peut-être a-t-elle été à la chasse aux crabes, avec un flambeau ?

Insouciante, la marraine se rendort. Bientôt elle est debout et allume le feu entre trois pierres devant sa case pour faire son café.

  Elle aperçoit un oiseau qui vole autour d’elle.

  Un bien grand oiseau ! Un bien curieux oiseau !

  Elle le chasse : chou ! chou ! avec un bâton.

   La petite  fille  ne sait pas ce qu’elle doit faire  pour reprendre la forme humaine. Elle  revient vers la case, se pose sur un calebassier proche.

  La marraine prend une pierre et la lance vers l’oiseau qui n’a que le temps de prendre la fuite, car la marraine ne rate jamais son but : la petite fille le sait bien, puisqu’elles cueillent les mangues  et les prunes parfois  à coups de pierre.

  Elle a faim. Comme ce n’est pas un véritable oiseau, elle ne peut becqueter.

  Elle a soif. Elle pleure. Une larme tombe  sur une vieille femme, qui va aux cannes, faire la récolte.

  « Cà çà yé ? La pli ka tombé »  (Qu’est-ce que c’est ? La pluie tombe !).

Elle regarde le ciel, elle voit l’oiseau, elle a compris :

  « Tit z’oiseau a ka fait pipi ».

L’oiseau fait de grands ronds. Il tourne, il tourne, désespéré. La vieille femme donne l’alarme.

  En cinq minutes, tout le monde est là : les enfants, les vieux, les hommes, les femmes, et regarde d’en bas cet  oiseau qui tourne.

  Qu’est-ce que c’est cet oiseau ?

  Ce n’est pas un « mal fini », ce n’est pas « une frégate ». L’oiseau monte…l’oiseau descend….l’oiseau se pose  sur un manguier.

  Un vieux soldat de l’ancienne guerre, qui l’a faite à château-Thierry, en « Fouence », toujours prêts à tirer du fusil, annonce :

  « Moins ka voyé li ba zott’ » (je vais vous l’envoyer).

  On se rassemble davantage, chacun dit son mot, tous les regards visent l’oiseau.

  L’oiseau voit briller le fusil. Il prend peur. Il s’envole afin d’échapper, haut, très haut, …, loin, très loin… .Il arrive au-dessus d’une église.

  Il se pose sur le clocher et voit la croix du Bon Dieu.

Il  fait un grand signe de croix.

  Alors, il se sent descendre doucement, tout doucement. Quand il arrive en bas, ses plumes ont disparu. L’oiseau est redevenu une petite fille.

  La petite fille n’a jamais recommencé. Elle n’a jamais rien raconté à sa marraine de tout cela. Mais souvent on l’entend qui lui demande :

  -Marraine, « qui jou ou ka voyé moins en Fouance ? » (Marraine, quel jour tu m’envoies en France ?). 

  Car en France, il n’y a ni gens gagés, ni volants, ni souclians.

« Contes et légendes des Antilles » p.81-84, Th. GEORGEL, Ed. Pocket junior, 1994

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mardi 4 septembre 2007

L'arbre de l'humanité (conte Malgache)

chantilly

"L'arbre trônait dans la plaine aride, non loin du village, depuis des temps immémoriaux. Les grands-pères et les grands-pères des grands-pères l'avaient toujours vu. On disait qu'il était aussi vieux que la Terre. On le savait magique. Des femmes trompées venaient le supplier de les venger, des hommes jaloux, en secret, cherchaient auprès de lui un remède à leur mal. Mais personne ne goûtait jamais à ses fruits magnifiques.
Pourquoi? Parce que la moitié d'entre eux était empoisonnée. Mais on ne savait laquelle : le tronc massif se séparait en deux grosses branches dont l'une portait la vie, l'autre la mort. On regardait mais on ne touchait pas.
Une année, un été chaud assécha la terre, un automne sec la craquela, un hiver glacial gela les graines déjà rabougries. La famine envahit bientôt le village. Miracle : seul sur la plaine, l'arbre demeura imperturbable. Aucun de ses fruits n'avait péri.
Les villageois affamés se dirent qu'il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s'ils goûtaient aux merveilles dorées, et la certitude de mourir de faim s'ils n'y goûtaient pas.
Un homme dont le fils ne vivait plus qu'à peine osa soudain s'avancer. Sous la branche de droite il fit halte, cueillit un fruit, ferma les yeux, le croqua et... survécut. Alors tous les villageois l'imitèrent et se ruèrent sur les fruits sains de la branche droite.
Repus, ils considérèrent la branche gauche. Avec dégoût d'abord, puis haine. Ils regrettèrent la peur qu'ils avaient eue et décidèrent de se venger en la coupant au ras du tronc.
En 2 jours, l'arbre amputé de sa moitié empoisonnée noircit, se racornit et mourut sur pied, ainsi que ses fruits."

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jeudi 8 mars 2007

Nos automnes...

Oubliées les 4 saisons ici ! Pourtant, au hasard des chemins surgissent parfois des couleurs qui réveillent de vieux souvenirs... Le ciel azur en plus

automne

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mercredi 28 février 2007

Entre 2 décharges...

fleur

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jeudi 22 février 2007

En passant...

Vue de chez nous...

soir

Au détour du sentier côtier de Malendure...

malendure_petit

malendure_2_petit

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lundi 23 octobre 2006

A Saint-Louis (Marie-Galante)

marie_galante

15km de diamètre et des plages magnifiques, mais qui ressemblent à beaucoup de plages magnifiques ! Donc pas de photo de plage !

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mercredi 23 août 2006

Au hasard des routes...

cimetierre

Un cimetierre à Grande-Terre

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mardi 22 août 2006

Au hasard des routes...

20060724_0118

No comment...

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